Comment suis-je devenue minimaliste ?

Article écrit par Emma

Comment sommes-nous devenus minimalistes ? On a tout vendu et on est parti à l’autre bout du monde avec un sac à dos. – The end … On a failli mais comme nous avons décidé de rentrer en France à un moment, nous avons gardé nos affaires. Bien que le voyage soit un facteur clé de cette transformation vers une vie plus simple, elle avait commencé il y a quelques temps déjà. On reprend depuis le début.

De l’entassement…

Sans être une grande fashionista ou fan de maquillage/bijoux/produits de beauté, faire des achats a toujours été un divertissement. Déjà petite, enfant unique de mon père et petite dernière de ma mère, les cadeaux ou les petites attentions ont souvent été nombreux (à moins que cela ne soit dû à mon sourire ravageur). Je n’avais qu’à pointer du doigt quelque chose pour l’avoir, en voilà une bien mauvaise habitude. J’accumulais les jouets et les livres à grande vitesse. L’apprentissage du « non » un peu plus tard fut toute une aventure.

Adolescente, j’ai commencé à remplir ma chambre de plusieurs collections aussi insolites les unes que les autres : tout ce qui avait un rapport aux vaches, les pubs pour parfums, les boîtes de Pringles, les cuillères, les tickets de cinéma… Ma chambre ressemblait plus à un musée qu’à une pièce à vivre. J’avais l’impression que cet imbroglio de choses me représentait, qu’il était un miroir de ma personnalité colorée et de mon imagination débordante. Aujourd’hui, je n’y vois qu’un moyen de remplir un manque de confiance en soi et de me réconforter en m’entourant de ce qui me plaisait.

Par la suite, les collections de bric et de broc ont été remplacées par des items plus chers mais toujours en lien avec ce que je voulais montrer. J’ai eu la chance immense que mes parents m’entretiennent m’aident financièrement pendant mes études et j’ai pu continuer à suivre mon train de vie sans trop me poser de question. Je m’achetais peu de vêtements, mais je me tournais vers des marques connues (et donc plus onéreuses). Vers 20 ans, je me suis découvert une nouvelle passion pour les chaussures et les sacs à mains. J’adorais aussi avoir le dernier téléphone ou ordinateur à la mode, et tous les gadgets qui vont avec. C’est d’ailleurs toujours le cas… oups !

J’avais beau suivre une formation sur la communication et le marketing, je me laissais avoir comme une bleue par les pièges que les entreprises nous tendent quotidiennement. J’essayais tant bien que mal de rentrer dans le moule de ce que les médias nous vantaient.

Tout a changé quand j’ai commencé à travailler en 2015 : j’avais soif d’indépendance et j’ai expressément demandé à mes parents qu’ils me laissent me débrouiller. Oui, j’ai dû demander à ce qu’ils arrêtent de me payer plein de des trucs… Un comble, je sais. À presque 25 ans, il était temps ! Je voulais être maître de mes consommations et ne plus avoir à me justifier.

… au désencombrement

Cela m’a permis de responsabiliser mes achats comme tout le monde s’en doute, même si mes parents m’avaient appris du mieux qu’ils pouvaient à ne pas acheter n’importe quoi (dixit « on ne jette pas l’argent par les fenêtres ici » ). C’est exactement à la même époque que j’ai rencontré Pierre. Après quelques mois à faire des aller-retour Haguenau-Dijon, nous avons décidé de vivre ensemble et de se faire un petit nid douillet en Alsace. Nous avons dû apprendre à vivre avec un salaire pour deux car Pierre n’avait quasiment aucune source de revenus à l’époque.

Nous avons donc vécu d’amour et d’eau fraîche ; l’autre solution aurait été la séparation et nous ne pouvions nous y résoudre. De plus, bien loin d’être matérialiste, Pierre est doté d’un esprit pragmatique. De ce fait, chaque écu gagné doit être utilisé de manière responsable. Il ne fait pas d’achat impulsif et il est imperméable à la publicité (et au chantage, le comble pour une copine communicante). J’appelle ce trait de caractère « la voix de la raison » , et à mon grand regret, elle a souvent raison et la logique est de son côté. Il a donc fini par m’embarquer dans sa traque à l’inutile, et tout achat est désormais réfléchi et raisonné, ou se solde par un argumentaire sans faille de monsieur.

Bien que toute notion sentimentale ait disparu, cela me permet de ne plus acheter le dernier gadget trop à la mode sur-emballé qui sert pendant 2 mois et qui finit dans un tiroir pendant 5 ans avant d’être jeté (comment ça « ça sent l’histoire vraie » ?). Fini les boîtes/tiroirs/placards remplis de reliques, bonjour le gain de place. Fini les décorations à outrance de mes derniers appartements, bonjour au style nordique épuré. Fini l’individualisme, bonjour le don et tout ce qui va avec. Fini l’encombrement, bonjour la simplicité.

« Celui qui sait qu’assez c’est assez, en aura toujours suffisamment. » – Lao Tseu

Un voyage qui transforme avant le départ

La décision de partir a largement influencé notre mode de vie ces derniers mois. Hors de question d’acheter de nouvelles choses alors que nous voulions sauver nos sous, que ça nous ferait possiblement un carton en plus au déménagement et que ce serait inutilisé pendant une longue période. On n’y a pris goût, et on a commencé à donner, à jeter et à vendre tout ce qu’on pouvait. Et ça fait du bien ! Une impression de légèreté m’a agréablement surprise, de même que le plaisir de donner.

Qu’avons-nous fait de nos affaires pendant le voyage ? Nous avons la chance de nous voir proposer un immense grenier vide pour y stocker gratuitement toutes les affaires que nous souhaitions garder. Toute affaire gardée n’est pas à racheter au retour, c’est plus économique et plus écologique.

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Vivre avec sa maison sur son dos permet de faire un sacré tri et de réaliser ce qui est réellement utile et nécessaire. Impossible de porter des kilos et des kilos, il faut choisir ! Nous ferons le point sur notre équipement un peu plus tard, mais pour le moment on s’approche des 12kg chacun. Nous pourrons aussi vous raconter ce que c’est de vivre avec si peu.

Nous avons hâte de pouvoir témoigner d’un mode de vie réellement minimaliste, voir ses avantages et ses limites, et surtout savoir si nous en sommes capables. Si toi aussi tu as un mode de vie ou des astuces minimalistes, fais-nous en part dans les commentaires 😉

Edit 1 – 10/02/2018 : après le déménagement, je peux te dire qu’il y a encore du chemin ! Nous avons retrouvé moult souvenirs cachés dans ces fameux tiroirs, boîtes… Et il n’a pas toujours été facile de s’en débarrasser. Nous avons quand même fait don de pas mal de choses à nos proches et 4 gros cartons sont partis à Oxfam !

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