Genèse d’un voyage

Article écrit par Emma.

Un peu d’histoire pour ceux qui ne nous connaissent pas beaucoup, et une remise dans le contexte pour ceux qui nous connaissent un peu plus.

Je voulais faire court au début, mais ce voyage, c’est le fruit d’une graine qui a été planté il y a déjà bien longtemps. Ou plutôt deux graines, qui ont mûri lentement, chacune de leur côté, mais qui se sont réunies pour former une vie de voyages.

Un premier voyage

Pour moi, ce fut l’apprentissage d’une langue étrangère dès mon plus jeune âge : l’allemand. D’abord forcé (merci papa), cet apprentissage s’est transformé en un parcours scolaire (bonjour classes européennes au collège et au lycée), puis en un séjour linguistique, puis deux, puis trois … pour finir en une année d’études à Stuttgart, en Allemagne.

Pour Pierre, c’est une curiosité sans pareille. Une folle envie de découvrir le monde et ses sociétés. Elle l’a poussé vers un parcours universitaire tout trouvé : la géographie. Il a déjà parcouru le globe en long, en large et en travers grâce aux cartes, aux livres, aux documentaires… Puis, un jour, l’opportunité de se faire sa propre expérience lui est donnée : partir faire une année d’étude à Oulu, en Finlande.

Tu l’as compris, c’est lors de notre participation au programme d’échange Erasmus que nous avons été piqué par le virus du voyage. Nous ne l’apprendrons que plus tard, mais ce virus n’a pas de vaccins, pas de remède… c’est incurable ! C’est aussi grâce à cette expérience commune (bien que distante de 2047 km et d’un an d’intervalle), que nos destins se sont croisés pour la première fois. Nous avons tous deux découvert que d’autres « mondes » existaient, qu’ils soient de l’autre côté du globe (Moshi Moshi Japan!) ou simplement à nos portes (Hallo Deustchland!).

Nous avons découvert qu’il n’y a pas qu’une seule façon de vivre, mais des multiples qui varient selon ton pays, ta langue, ta culture, ton héritage… Et quand on les mélange, on obtient une vie bouillonnante de nouvelles expériences humaines, linguistiques, philosophiques, culinaires, culturelles… C’est une source d’enrichissement personnel qui ne se tari jamais ! Il faudrait des pages et des pages afin de rendre justice à cette réalité si particulière que nous avons vécu mais tu te contenteras de ce paragraphe… pour le moment.

Un cheminement

À 21 ans et forts d’un an à l’étranger, nous nous lançons sur la dernière ligne droite de notre cursus universitaire : le master, ce fameux Graal du bac +5 que la société nous vante depuis toujours.

Après son retour de Finlande, Pierre rejoint l’association Erasmus Student Network (aka ESN, asso qui nous fera nous rencontrer deux ans plus tard). Il s’investit bénévolement, et double le tout avec un service civique dans une association de promotion de mobilité à vélo en ville (en même temps que son master hein, histoire de ne pas faire les choses à moitié). Avec le souhait de se spécialiser et de continuer son périple dans les pays nordiques, il postule à un master en urbanisme écologique en Norvège.

De mon côté, j’entame mon master en marketing et communication internationale et je repars 4 mois aux Etats-Unis (Oklahoma, true cowboys) pour une 2ème expérience à l’étranger. Je regarde aussi mes deux meilleures amies partir chacune de leur côté en Amérique latine pour plusieurs mois, et je meurs d’envie de les accompagner, mais les finances (et le temps) me manquent. Une fois mon diplôme en poche, voilà que je me retrouve à essuyer lettre de refus sur lettre de refus lors de ma recherche d’emploi. Heureusement, à la même période, l’associatif me sort de mon trou, me redonne confiance, et surtout, m’enseigne une multitude de nouvelles compétences (merci !).

Une rencontre

C’est ainsi qu’au 16 avril 2015, nos deux personnes se rencontrent pour la première fois, à Ankara, en Turquie (en « Eurasie » me souffle Pierre), à l’Assemblée Générale de notre association, Erasmus Student Network.

Où en sommes-nous ? Après 6 mois de chômage, je viens enfin de décrocher mon premier emploi en Alsace, à Haguenau. Pierre vient de commencer son stage de fin d’études à Dijon et rêve déjà de son voyage en Norvège.

Je te passe tous les détails pseudo-romantiques de cette histoire qui avait très mal commencé. Néanmoins, cette rencontre a bouleversé nos vies… et nos plans !

Quelques bisous et mois plus tard, Pierre est malheureusement refusé au master qu’il désirait en Norvège (à mon plus grand bonheur). Encore quelques mois et deux « je t’aime » plus loin, il quitte Dijon et emménage avec moi à Haguenau (ça c’est de l’amour). Ne trouvant pas d’emploi dans sa branche, il en profite pour s’investir pleinement dans l’associatif (au détriment de notre vie de couple, mais on encaisse, ça aussi c’est de l’amour) et monte les échelons jusqu’à devenir vice-président national (bravo Pedro).

Rester ou partir ?

Voici qu’un peu plus de deux ans après notre rencontre, après des hauts et des bas, nous nous installons à Strasbourg, avec un chouette travail, un bel appartement et une flopée de copains, copines ! La belle vie, celle qu’on nous promet depuis tout petit.

Puis, on ne sait pas vraiment quand exactement mais, la bougeotte nous a rattrapé. Ça a été un choc, une révélation mais… nous avions encore envie de voyager, loin et longtemps !

Nous avions tous les deux endormi ce désir de s’envoler, mais il ne s’était pas volatilisé pour autant. C’est seulement une fois que nous avions mis de l’ordre dans nos vies et suffisamment rempli nos comptes en banque pour vivre convenablement que nous nous sommes permis de rêver à nouveau.

Les prochaines étapes « logiques » de notre vie auraient été de mettre toutes nos économies dans l’achat et la rénovation d’une maison avec jardin, d’adopter un chien et/ou un chat, de passer le concours de la fonction publique ; et puis, à terme, de faire un enfant… Bien qu’alléchant, ce programme nous semblait bien trop étouffant.

Je l’ai regardé, il m’a regardé, et on s’est dit « On se lance ? »

Une destination

Ayant depuis longtemps rêver de partir en Colombie (spécial dédicace à Pipé, un ami colombien rencontré en Erasmus qui me tanne pour venir depuis 2011), j’en discute avec Pierre qui acquiesce tout de suite. La décision est prise : adieu « métro, boulot, dodo », bonjour « enchillada, salsa y pampa » ! Depuis, nous avons modifié notre itinéraire 1001 fois et rajouté toute une dimension solidaire à notre voyage, avec la volonté de rencontrer des associations locales et de découvrir des alternatives à nos modes de vie occidentaux (on t’en parlera dans un autre article).

Nous le savons, ce voyage au long cours est un pari. Mais nous le relevons avec plaisir et nous espérons en faire une formidable expérience humaine à partager !

20171020_STRAS VOYAGE
Excitation totale après l’achat du billet pour New York City !

 

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